Pour le début des vacances, il faut d'abord lire le sujet précédent, "¡Feliz navidad y Próspero Año Nuevo!"
Je m'étais arrêtée, dans mon dernier post, à Trujillo et Huanchaco, sur la côte nord-péruvienne.. où on a passé deux jours très tranquilles, pour ne pas dire à ne rien faire!
Malgré la faible motivation, on est tout de même allées visiter, avec Kristell et Fanny, les ruines de la culture Chan Chan, dont j'ai oublié de quand elle date... tout ce dont je suis sûre, c'est que c'était avant les Incas et que les fils du Soleil ont fini par soumettre les adorateurs de la Lune de Chan Chan.
La visite du site a été plutôt intéressante, je ne connaissais absolument rien des civilisations pré incas qui, elles, connaissaient pourtant un tas de choses... Par exemple, ils avaient découvert le fonctionnement des courants marins sur leurs côtes, que l'on nomme aujourd'hui le courant de Humbolt et El Niño, et les représentaient sur les murs du palais.
Bon, heureusement que la visite du site valait la peine parce que le musée qui a suivi était, disons, moyen, et surtout rempli de touristes!
On quitte Huanchaco et la côte le soir même pour rejoindre Huaráz, cette fois en plein milieu de la Sierra péruvienne. On arrive le 31 au matin, enfin plutôt à l'aube, ce qui nous permet de profiter d'un magnifique lever de soleil sur les montagnes qui courent de chaque côté de la ville, la Cordillère Blanche, enneigée, et la Cordillère Noire, sans neige...
Désolée, mes photos ne sont pas excellentes!
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On passe la journée à Huaráz chez des amis d'amis, Aurélia et Nicolas, entre sieste et... longue ballade à cheval dans les montagnes!
Pas idéal pour se reposer du voyage avant la grosse soirée qui nous attend, mais ça en valait largement la peine! Je n'étais pas remontée à cheval depuis un bon moment, j'avais presque oublié à quel point j'adorais! Mais ça revient vite...
Après la fête du 31 décembre "chez Patrick", le resto d'un Français installé à Hauráz, et une journée du premier janvier un peu déconnectée, le moment est venu, mardi 2 au matin, de reprendre la route. Kristell et Fanny vont d’abord à Lima puis vers les mythiques Cuzco et Machu Pichu, Dimitri reste à Huaraz avant de rejoindre l’Amazonie et moi, j’entreprends ma remontée vers Quito.
Vu que maintenant je voyage seule, je n’ai plus qu’un seule contrainte : je dois être à Quito le lundi 8 janvier au matin. Pour le reste, it’s up to me !
Je monte dans un bus pour Casma, une petite ville un peu avant Chimbote, toujours au nord du Pérou. Selon le Routard péruvien, à proximité de cette ville se trouvent des ruines pré incas méconnues mais qui valent pourtant le détour.
Le bus est en retard et surtout… local ! Il est déjà plein à la sortie du terminal, et le toit est chargé de bagages et de sacs en tout genre, mais on s’arrête tout de même à la sortie du marché et une bonne trentaine de gens montent à bord. Eux, et leurs sacs, évidemment, remplis de toutes sortes de victuailles. A l’odeur, je dirais qu’il doit y avoir pas mal de poulets, ou au moins de viande !
Il semble que je n’aie pas choisi l’option rapidité, puisqu’on ne se dirige pas vers la seule route digne de ce nom qui sort de Huaraz mais qu’on commence à grimper dans la montagne, sur une petite route étroite et en lacets qui nous offre rapidement un belle vue de la ville, sous le soleil. On traverse des dizaines de petits hameaux plantés au bord de la route, des gens montent et descendent sans cesse. Le paysage de montagne est magnifique, d’abord très vert puis devient un peu plus sec à mesure que l’altitude augmente, même si ce n’est toujours pas le páramo équatorien.
En revanche, j’ai l’impression que la Cordillère des Andes est beaucoup plus large au Pérou qu’en Equateur ! Ce qui doit être vrai… Pendant au moins six heures, des montagnes, des montagnes et encore des montagnes. Avec des paysages époustouflants, des végétations très variées et, pendant une bonne partie du trajet, ce que j’ai lu dans tous les guides à propos des routes de montagne en Amérique du Sud : d’un côté, le vide, souvent on ne voit pas jusqu’où, au milieu, la piste en état très moyen sur lequel roule notre bus en état encore plus moyen et de l’autre côté, encore la montagne. C’est sûrement beaucoup plus rassurant de regarder droit devant, mais ça serait dommage de ne pas profiter de la vue du côté de ce qui ressemble souvent à un précipice. Quand la brume s’en mêle, je n’ai plus à me demander où regarder puisqu’on ne voit plus rien mais ça, en revanche, ce n’est pas franchement rassurant !
Le bus se vide un peu, la petite mamita qui avait fini quasiment sur mes genoux finit par descendre ! Une autre monte avec un canard rebelle dans un sac qui est bien décidé à ne pas y rester et se débat pendant un bon moment, mais ça ne semble inquiéter personne.
Après des heures de montée, descente, remontée et redescente, on arrive enfin à une altitude plus raisonnable, et rapidement à Casma. C’est en effet une petite ville, pas grand-chose à faire, je commence donc par chercher un hôtel dans la chaleur accablante, après deux jours à environ 3 000m d’altitude. En fin de journée je sors faire un tour, décidée à organiser un peu ma journée du lendemain mais finalement, il semble qu’il n’y ait pas grand-chose à organiser. Il suffit de monter dans une mototaxi jusqu’à Sechín, le site des ruines.
Une dame assise avec sa petite fille devant le stand d’une marchande ambulante m’arrête et hallucine sur la couleur de mes yeux, et m’invite à m’asseoir avec elle pour manger des papas rellenas. Ça tombe bien, je voulais goûter cette spécialité péruvienne : c’est une purée de pommes de terre, avec un mélange d’herbes, d’épices et de viande, remodelée en forme de pomme de terre et frite. Délicieux ! Ma nouvelle amie m’a aussi dit que les pâtisseries péruviennes étaient excellentes, alors je continue mon chemin et vais goûter une tarte aux figues, effectivement excellente même si je ne suis pas convaincue que ce soit très péruvien, et un petit sablé au manjar, une sorte de confiture de lait, lui bien péruvien.
Je passe la soirée assise sur un banc de la Plaza de Armas, la place principale de la ville, à écrire et à observer les gens qui viennent profiter de la fraîcheur de la nuit tombante après une journée étouffante. La place est toujours en mouvements, pleine de gens qui trouvent sûrement bizarre qu’un gringa soit assise là, toute seule. Les enfants, en particulier, sont très doués pour me fixer dans les yeux et ne pas détourner le regard. Sauf que ce n’est pas recommandé quand on est en patinette, il y en a un qui a faillit entrer en collision avec un des passants !
Le lendemain matin, direction Sechín, à quelques kilomètres de la ville. Le site est quasiment désert, juste trois touristes Allemands qui viennent de terminer la visite. Je fais rapidement le tour du petit musée un peu glauque et à première vue pas bien riche qui renferme tout de même quelques surprises, en particulier une momie de 1 200 ans étonnamment bien conservée, enfermée là, dans sa vitrine, au milieu des poteries et des bijoux traditionnels de la culture Sechín. Et pour une fois, une explication en détail de la manière dont elle est morte, un sacrifice violent qui explique l’effrayante expression de son visage, qui n’a pas changé depuis. D’accord, c’était ma première momie, mais j’ai trouvé son état de conservation très surprenant, il y avait encore les os bien sûr, mais aussi une bonne partie de la peau et même des ongles. Voilà pour mon quart d’heure égyptologie, un peu loin de la terre des Pharaons !
Je continue par les ruines en elles-mêmes, d’abord en suivant le chemin qui monte et offre une vue sur le site, beaucoup plus petit que le dernier que j’avais vu, Chan Chan. Le tout sous un soleil de plomb, et sans autres visiteurs que quelques énormes lézards.
Les ruines de Sechín
Une fois redescendue, le site se révèle effectivement intéressant. C’est tout petit, mais les murs d’enceinte de ce qui constituait l’entrée du temple ou du palais, je ne sais plus, sont couverts de gravure représentant des hommes ou des parties du corps humain. En revanche, pas la moindre explication à l’horizon, mais d’après ce que j’avais lu, les gravures des « chirurgiens de Sechín » sont une sorte de manuel d’anatomie version 2 000 ans avant Jésus Christ. C’est chouette, mais encore une fois ça aurait sûrement été plus enrichissant si j’avais vraiment compris ce que je voyais !
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Le tour était rapide, et je quitte les ruines pour repartir vers Casma. Je fais un petit bout du chemin avec un petit papy vendeur de fruits qui se rend lui aussi à la ville, et me fait goûter la moitié de ce qu’il a dans sa carriole… je ne connaissais que la mangue, j’ai encore des progrès à faire en fruits exotiques !
Après avoir récupéré mes affaires à l’hôtel, je cherche un moyen de quitter Casma pour Chimbote, la prochaine grande ville. Ça se fait finalement en voitures collectives, des vieilles voitures qui ressemblent aux Cadillac des films américains, mais je doute qu’elles soient originales ! En revanche, ce qui est original c’est qu’entre chaque voyage, le chauffeur ouvre le capot et verse un bidon de flotte en guise de liquide de refroidissement… rassurant ! Mais c’est vrai que l’on est déjà dans ce désert nord péruvien, on traverse encore quelques montagnes grises recouvertes de sable, qui plongent un peu plus loin dans l’océan, et des petites tempêtes de sable levées par le vent venu du Pacifique.
De Chimbote, je ne vois que le terminal et monte aussitôt dans un bus pour Trujillo.
Arrivée à Trujillo, la galère de bus s’annonce puisque les compagnies ne sont pas regroupées dans un terminal ni dans le même quartier, mais disséminées un peu partout dans la ville. J’en trouve une qui va vers le nord, mais le prochain bus pour Piura, duquel je pourrais en prendre un autre qui me ferait traverser la frontière à un autre endroit qu’à l’aller, est beaucoup trop tard et je ne veux pas perdre une journée ni à Trujillo, ni à Piura. Donc, ça sera un bus vers Tumbes, juste un peu au sud de frontière, toujours du côté péruvien.
En attendant le départ, je vais prendre un goûter dans une boulangerie et une petite mamie vient s’installer à ma table pendant près d’une heure, me raconter sa vie et celle de son fils, qui vit maintenant en Italie parce qu’il avait quitté le Pérou pour les Pays-Bas mais que sa copine hollandaise ne veut pas se marier et qu’il ne trouvait pas de travail là bas. Résultat, son pauvre fils se retrouve sans femme, à des milliers de kilomètres de sa famille qu’il n’a pas vue depuis 4 ans, et avec un boulot précaire quelque part en Italie. Et quand je lui demande comment ils communiquent, la petite dame d’au moins 70 ans me répond, avec la plus grande spontanéité : on s’envoie des mails, voyons ! Evidemment…
Bon, c’est qu’elle me ferait presque rater mon bus, la mamie, alors je la quitte en lui laissant mon mail, évidemment ! Et avec une adresse à Trujillo…
Le trajet est tranquille, et on arrive à Tumbes vers 5h30 du matin. Il reste encore une trentaine de kilomètres jusqu’à la frontière, et la zone n’est pas réputée très sûre et de toutes façons, il n’y a pas de bus donc je prends un taxi qui finalement, ne m’arnaque pas tant que ça.
Retour en Equateur, pour l’instant la seule différence est que j’abandonne les soles et que je retrouve les dollars, et les prix équatoriens ! Cette fois je ne risque pas d’oublier de remonter dans le bus, il n’y en a encore que très peu et du coup, je monte dans le premier qui passe ! Jusqu’à Santa Rosa, où je trouve rapidement un autre bus pour Loja, une ville du sud du pays réputée jolie, tranquille et accueillante.
Le trajet s’annonce long. Mais regarder par la fenêtre m’occupe pendant un bon moment : après les bananeraies de la côte, me voilà de retour dans la Sierra équatorienne. J’avais beaucoup aimé les montagnes du Pérou, enfin le peu que j’en ai vu, j’avais même trouvé ces paysages plus grandioses et démesurés qu’en Equateur. Mais la route vers Loja, comme celle qui descend de Quito vers l’Amazonie, est au moins aussi magnifique. Ici plus de gris, de marron, d’herbes ou de petits arbustes aux couleurs sèches et un peu fades mais du vert, de la végétation à perte de vue recouvre les flancs de ces montagnes dont la terre est parfois d’une hallucinante couleur orange, rouille, que je ne croyais présente qu’en Afrique. Des heures à travers ces paysages immenses, qui donnent le vertige, et qui surtout donnent l’impression d’être perdu au milieu de nulle part alors que la prochaine ville est peut-être dans la prochaine vallée !
Loja était tout de même quelques vallées plus loin, et j’arrive en début d’après-midi au terminal de bus. Pour le moment, j’ai surtout envie de poser un peu mon sac et de me poser moi, après une trentaine d’heures dans les bus… Je me dirige donc directement vers Vilcabamba, un petit village tranquille à une cinquantaine de kilomètres au sud dans la « vallée de la longévité », où les habitants ont la réputation de vivre très vieux. Finalement rien de miraculeux là-dedans, juste la combinaison d’un climat favorable et d’une eau riche en plein de bonnes choses, sûrement à une altitude idéale, qui leur permet de rester en pleine forme un peu plus longtemps que les autres…
Je commence par chercher un hôtel et atterris dans un où les trois seules clientes sont… trois Françaises ! Moi qui voulait me remettre à l’espagnol intensivement, c’est dommage, mais elles sont bien sympas et aspirent elles aussi à passer là quelques jours tranquilles, histoire de se reposer des vacances avant de redescendre sur Lima où elles sont en stage. Finalement l’hôtel se remplit le soir, toute la famille du propriétaire vient lui rendre visite depuis Chicago et ils sont bruyants, comme des Américains en vacances…
Pour le vendredi matin, j’avais prévu quatre heures à cheval en pensant qu’on serait un petit groupe mais finalement ils ont tous décidé de se monter sur un cheval ce matin, et la plupart pour la première fois. Entre les chicas de 15 ans pas trop habillées pour l’activité qui n’arrêtent pas de crier et se demandent pourquoi les chevaux sont nerveux, et leurs papas de 40 qui passent plus de temps à regarder dans l’objectif de leur caméras que devant eux, la promenade s’annonce… longue et mouvementée !
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Finalement, on fait un long parcours en montagne, dans des sentiers étroits et en pente dans un sens ou dans l’autre, et à travers les rivières que l’on rencontre sur le chemin, donc impossible pour le cheval de faire autre chose que marcher. Et pour les cavaliers, de profiter du paysage… Je vous laisse apprécier avec cette photo, c’est la vue que devait avoir mon cheval !
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On laisse les pauvres chevaux se reposer un peu de nous et on descend vers une petite cascade, puis on reprend le chemin du retour ; cette fois les chevaux, pressés de rentrés, ne se font pas prier pour galoper dans les petits sentiers avec le vide à côté, enfin quelques sensations ! .jpg)
L’après-midi se passe tranquillement en compagnie des trois Françaises, on avait prévu de bouger mais finalement on n’a sorti les vélos que pour aller acheter des Magnums au village, et on a fini dans le jacuzzi devant un film ! Que la vie est dure…
Vilcabamba est en effet bien tranquille et reposant, mais on en a vite fait le tour. Donc, samedi sera mon dernier jour de vacances et je quitte le village après un bon petit déj’ à l’hôtel, direction Loja. La ville est effectivement jolie, tranquille et accueillante, pleine de bâtiments coloniaux, de belles églises et de places jonchées de statues.
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L’architecture coloniale ressemble à celle du centre historique de Quito mais en beaucoup plus grand, avec des rues plus large et infiniment moins de monde… donc Quito, mais en moins oppressant. En plus, pas d’ordures partout dans les parcs, pas de voitures ni de taxis qui klaxonnent, pas de bus qui crachent de la fumée noire et personne pour te siffler dans la rue juste parce que tu es gringa… cette ville est décidément la moins équatorienne de toutes les villes équatoriennes que j’ai vues !
La "calle Lourdes", rue des petits artisans lojanos
Après quelques heures dans la ville, il est temps de reprendre le bus pour Quito où j’arrive le dimanche matin, finalement pas mécontente de rentrer même si la semaine suivante a été tranquille, trop tranquille.
Enfin, j’ai ramené un bon rhume comme souvenir de vacances, plein de photos, de paysages et de rencontres.
Et l’envie de préparer les prochaines vacances.